Vers l'Infini et au delà : Le topic de la Cosmologie!

Un sujet dédié à un domaine auquel je m’intéresse depuis quelques temps : la cosmologie, ainsi que toutes les sciences liées au domaine spatial.

Ce fil est là pour en discuter toutes et tous ensemble ! :slight_smile:

Par exemple : Saura t’on de notre vivant si, oui ou non, il y a des formes de vie sous les glaces d’Europe ou Encelade ? Personnellement, j’espère vraiment que l’on aura un jour la technologie suffisante pour aller vérifier. Bien que les défis techniques à relever soient encore nombreux : amener du matériel autonome, stocker une grande quantité de carburant, mettre au point un système de foreuse capable de creuser à plus de 100Km sans exploser sous la pression colossale, etc… Sachant que plus on amène de matériel, plus le poids augmente, et donc plus il faut de l’énergie pour le propulser ou le faire fonctionner. Autant dire qu’une telle équation technique ne devrait pas être résolue avant un moment.

D’autant plus avec les temps de voyage qui prennent des années et sont actuellement incompressibles en raison des courbes d’accélération / freinage. En gros : plus un véhicule spatial fonce rapidement, et plus il lui faudra de l’énergie pour freiner. On en peut donc pas se permettre d’aller trop vite. Ce qui vaut également pour les autres astres de notre système solaire.

Sans oublier qu’il faut attendre à chaque fois le bon alignement des astres, ce qui n’arrive que quelques fois par siècle. Ce qui limite considérablement le nombre de voyages possibles, et donc limite en conséquence la courbe d’évolution technologique. C’est pour cela qu’on a souvent l’impression que c’est un domaine qui progresse très lentement : il y a plein de facteurs limitants.

Bref, je trouve que c’est un domaine passionnant. Même si évidemment, le contexte planétaire actuel fait que ce n’est pas forcément la priorité la plus absolue, alors même qu’on risque fort de ne pas parvenir à passer le siècle en cours. Mais l’humanité est comme elle est est : elle a toujours eu soif de connaissances.

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Une vidéo très intéressante sur laquelle je suis tombé l’autre jour. Sommes-nous bel et bien seuls dans l’univers :

J’ai personnellement mon petit avis là dessus, auquel je pense depuis maintenant des années : il est quasiment impossible que l’on soit seuls. Mais il y a une quantité colossale de freins qui empêchent les peuples interstellaires de rentrer en contact. Je m’explique :

La raison principale selon moi : l’univers est juste beaucoup trop grand. Avec des distances trop importantes entre chaque astre. Mais genre immense. À des échelles qu’un cerveau humain est tout simplement incapable de concevoir sans assistance informatique.

Des distances tellement colossales que deux civilisations évoluées peuvent s’ignorer totalement, en étant pourtant à des distances relativement proches l’une de l’autre. (Relativement à l’échelle spatiale.)

Une petite vidéo pour vous donner une idée. Et là, on parle uniquement de Jupiter par rapport à notre Soleil. Soit la porte voisine :

Par exemple, supposons l’hypothèse de l’existence d’une grande civilisation interstellaire, façon Star Wars. Suffisamment évoluée pour avoir inventé un langage capable de s’affranchir des différences entre les civilisations et être en mesure de voyager en vitesse supraluminique : encore faut il qu’elle soit en mesure de tout explorer dans un délai raisonnable, pour trouver toutes les civilisations intéressantes. Or, comme chacun sait, il y a des milliards d’étoiles dans notre galaxie. Peut être faisons nous simplement partir d’une grande zone blanche qui inclue 95% de la galaxie inexplorée. Et à partir du moment où personne ne nous a rendu visite, il n’y a pour nous aucun moyen de savoir que cette civilisation existe. La distance colossale est plus efficace que n’importe quel brouilleur anti-radio.
Il est tout à fait possible que ce genre de civilisation soit relativement sous notre nez, quelques étoiles plus loin, mais que nous ne soyons pas en mesure de la détecter, faute d’avoir la technologie pour. Et elle, de son côté, n’a simplement pas le temps ni l’utilité d’aller explorer chaque coin paumé de la galaxie. (Qui est beaucoup trop vaste.)

Mais pour revenir à l’hypothèse des mondes isolés : comme expliqué dans la vidéo, il y a aussi de nombreux facteurs variables qui expliquent la rareté d’éventuelles forme de vie évoluées, en mesure de nouer un contact :

  • Sur chaque étoile de notre galaxie, combien ont une ou des planètes potentiellement habitables ?
  • Sur ces planètes habitables, combien ont une forme de vie dite « intelligente » ? (Sous-entendu : a conscience d’elle-même.)
  • Parmi ces espèces intelligentes, combien existent toujours aujourd’hui, avec une technologie suffisamment avancée pour la communication interstellaire ?
    Pour comparer, sur les 5 milliards d’années de la Terre, la branche Homo (Sapiens + toutes les autres. Erectus, Habilis, Neandertalis, Flores, etc…) existe depuis seulement quelques centaines de milliers d’années. Et on maîtrise la communication radio depuis seulement un siècle. Avouez que ça fait une fenêtre de tir très étroite pour communiquer pile au bon moment avec nous. Et c’est peut être le même paradoxe dans la partie d’en face.
  • Et combien sont seulement intéressées par l’idée de nouer un contact avec une civilisation extérieure à la leur ? Cela a t’il un sens pour elle ?

Autant dire que cela réduit fortement les chances de parvenir à établir un contact. Et quand bien même des tentatives de contact existeraient déjà, encore faudrait-il pour le recevoir :

A) Être au bon endroit. Si l’espèce alien envoie son signal vers Proxima B ou Betelgeuse, c’est mort pour nous.

B) Avoir la bonne technologie de réception et d’interprétation. Et encore, faut il que les recherches technologiques de la dite-espèce se soient engagées dans la bonne direction, afin de pouvoir interpréter le signal. Sinon, c’est comme essayer de communiquer avec un oursin avec des aboiements de chien : les deux espèces ne se comprennent pas.

C) Être présent pile au bon moment : ni trop tôt, ni trop tard. Si tu es encore à l’âge de pierre au moment où le signal arrive, ben c’est mort. Même chose si l’espèce qui a émis le signal a déjà disparu. Ce qui est envisageable vu les distances spatiales colossales. Un signal peut mettre des millénaires à arriver.

Et cerise sur le gâteau : la communication, ça va dans les deux sens : c’est bien gentil d’envoyer ou recevoir un message, mais encore faut il être capable ensuite d’établir un dialogue : capter précisément l’origine du signal, le renvoyer selon le même format que le signal reçu, et attendre qu’il arrive à destination. Si on n’a pas de bol, ça peut prendre genre 500.000 ans. Et une fois arrivé à destination, il faut que la civilisation émettrice soit toujours en mesure de recevoir le signal envoyé. Ce qui réduit encore les chances.

Deuxième frein qui, selon moi, limite considérablement la probabilité de détecter un signal alien : L’approche beaucoup trop anthropocentrée de la recherche extraterrestre.
On les cherche selon des critères typiquement humains, en les imaginant selon des schémas corporels proches des nôtres : bipède, deux yeux, deux mains, forme humanoïde, binarité mâle femelle… Ou selon des formes dérivées de familles animales qui existent déjà sur notre planète : Alien insectoïde, reptile bipède, etc… Un peu comme toutes les peuplades que l’on voit dans Star Wars. Mais la réalité est sans doute complètement différente.

Par exemple, on peut parfaitement imaginer que les formes de vie alien fonctionnent selon un paradigme biologique sans aucun rapport avec les espèces terrestres, dont l’organisation cellulaire est basée sur les filaments d’ADN. Il est probable que l’« ADN » alien soit fort différent, voire qu’il ne fonctionne pas du tout selon un procédé biologique comparable. Ou peut être même que la notion d’ADN n’aurait pas de sens.
Et cela vaut aussi pour le reste, à commencer par la reproduction : peut être qu’il y a 3 ou 4 genres, peut être un seul, ou simplement aucun, etc…
Sur Terre, il y a certes plein d’espèces différentes, mais nous avons tous une origine biologique commune, qui nous permet d’avoir plein de points communs. Ce constat devient caduque quand on parle de vie alien : il s’agit probablement de formes de vie que nous ne sommes pas en mesure d’imaginer sans l’avoir vu.

On a également fâcheuse tendance à croire que notre planète contient les conditions idéales à toute forme de vie. Ce qui oriente donc notre recherche d’exoplanètes vers des astres qui ont des caractéristiques comparables : taille similaire, même distance relative depuis l’étoile, etc… Ce qui est, selon moi, un biais assez dommageable.
Mais peut être qu’on a tout faux. Ce qui est valable dans notre système solaire ne l’est pas forcément ailleurs. Il y aurait certes certains critères d’habitabilité qui restent commun entre toutes les espèces de l’univers. (Pas trop chaud, présence d’eau, etc…) Mais pour le reste, je pense qu’on est très loin du compte : peut être que l’habitabilité de la Terre est juste dans un standard « acceptable » et qu’il existe d’autres formes d’habitat stellaire qui sont 100 fois plus idéales et propices à la prolifération de la vie.

Tout ça pour dire, pour revenir au sujet, que cela vaut également pour les moyens de communication utilisés pour essayer de joindre ou d’écouter une civilisation alien. On envoie des ondes radio vers l’infini, mais au final on ne sait même pas si l’autre partie est en mesure de nous comprendre. A t’elle la bonne technologie, le bon format ? Est elle présente au bon moment pour nous recevoir, avec l’antenne de réception orientée pile au bon endroit ?
Communique t’elle seulement avec des ondes radio ? Peut être qu’en réalité, elle a pour habitude de communiquer avec des variations de chaleur, des variations moléculaires dans les odeurs, ou autre moyen sensoriel qui est complètement hors de la portée humaine. Et inversement, la communication radio ne voudrait rien dire pour eux. Chaque espèce est alors restreinte aux limites de son propre espace cognitif, sans jamais pouvoir entrer en contact.

Et comme chaque espèce « intelligente », (au sens où on l’entend en tant qu’humain, donc là aussi c’est sujet à débat), fonctionne selon un paradigme biologique et cognitif propre et sans rapport direct les uns avec les autres, cela réduit d’autant leurs probabilités de pouvoir se détecter mutuellement. Car ils ne peuvent juste pas s’envisager. C’est comme chercher dans les infrarouges avec un œil humain, ou essayer d’entendre le son émis par une antenne cellulaire.

Enfin, supposons qu’une civilisation ait la technologie pour établir des contacts de manière fiable et efficace, avec des civilisations lointaines. On peut facilement imaginer qu’elle soit technologiquement et intellectuellement bien plus avancée que nous. À partir de là, il est logique qu’on ne soit pas en mesure de la détecter, alors que cette dernière a parfaitement conscience de notre existence. Ce qui réduit d’autant les possibilités de capter quelque chose. C’est un peu comme quand on regarde une colonie de fourmis : on a conscience de leur existence, mais elles ne savent pas qu’on est juste à côté et se croient donc toutes seules.

En bref : on en arrive à cette conclusion assez étrange, où j’affirme qu’il est quasiment impossible que l’on soit seuls dans l’univers. Mais où, pour autant, il va être également quasiment impossible de parvenir à nouer des contacts. Un bien triste constat. x)

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Oui c’est affreusement frustrant :sweat_smile:

J’aime bien ces choses fascinantes aussi, j’ai lu du Stephen Hawking, la physique cosmologique me fait triper (et la physique quantique) mais je suis un amateur « un peu éclairé » mais loin d’être calé (le champs est vaste).

Déjà si on arrive à trouver une vague bactérie sur IO ça sera quand même un bouleversement (pour si peu on est d’accord). Ça j’aimerai bien le vivre.

Je crois que tant qu’on ne fait qu’entrevoir les mécaniques de l’espace-temps, on ne pourra pas aller voir nos lointains amis - ou pas - dans cette galaxie (je parle même pas des milliards d’autres).

Se faire visiter pourquoi pas, c’est la seule chance à moyen terme qu’on a de voir quelque chose qui ressemble vaguement à une civilisation.

Par contre niveau théorique il est aussi probable que les formes de vie partagent des points communs (la prédation, le darwinisme, le language et la maîtrise de l’outil) qui faciliteraient la communication si on devait se retrouver avec des messages ou - soyons fous - se rencontrer. C’est pour l’oursin que je dis ça :stuck_out_tongue: (mais belle image).

PS : j’ai eu la chance, lors d’un stage en rase campagne pour passer mon BAFD, de voir arriver… Hubert Reeves, l’astrophysicien qui, de sa voix typique, nous a demandé poliment de faire moins de bruit car ils étaient plusieurs scientifiques à bosser à 500 mètres (nous on faisait la fête le soir, musique à donf).

Bref, belle rencontre, il est resté 20mn avec nous, c’est intéressé à ce qu’on faisait (le monde à l’envers, j’aurais passé une semaine à ses côtés à me taire pour l’écouter LUI :sweat_smile:).

En tout cas se projeter loin dans les étoiles, dans ce champs des possible ça file le vertige et on se confronte à des vastitudes d’espaces et d’énergies que notre modeste position rend impossibles à concevoir, calculer, quantifier.
Dans le lot il y a forcément autre chose, des formes de vie sinon on nous a fait une grosse blague pas très drôle, l’idée qu’on est seuls c’est limite flippant.

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Ça devait sans doute être une belle rencontre. :slight_smile:
Personnellement, je ne comprends pas grand chose à la physique quantique, et n’est pas réellement envie de m’y mettre. x)

Oui, je pense effectivement que l’univers doit, à sa manière, fourmiller de formes de vie.

Quand on observe ce qu’il s’est passé sur notre planète, on voit bien que la formation de la vie répond à un procédé relativement peu exigeant. Il suffit d’avoir de l’eau, du carbone en quantité, quelques minéraux et une source de chaleur. (On a cru longtemps qu’il était également indispensable d’avoir une source de lumière, mais en réalité ce n’est pas vrai.) Après, la chose répond à un procédé biochimique dont on est loin de connaître toutes les subtilités. Mais voilà l’idée en gros.

Ce qui devrait en revanche être beaucoup plus rare, c’est la présence de vie évoluée.
L’apparition d’espèces évoluées prend un temps colossal et il faut des conditions bien meilleures que de simples cheminées sous-marines. Ce qui fait qu’il y aurait même pas 0,01% des planètes accueillant la vie qui ont dépassé le stade de la bactérie.

Mais en revanche, je pense que le fait de trouver de simples bactéries extraterrestres devrait être une chose relativement courante à l’échelle de l’univers. Je ne serais pas surpris qu’il en reste encore quelques traces souterraines sur Mars par exemple.

Concernant Io, elle est littéralement bombardée par la magnétosphère de Jupiter, comme un four à micro-ondes géant. Y trouver de la vie serait surprenant, mais pourquoi pas. Mais on compte surtout sur Europe et Encelade. (Ou même Ganymède, mais son océan potentiel est sous roche. Donc bien plus difficile à observer.)

Il est assez improbable que l’on entre en contact de notre vivant avec une civilisation évoluée. Mais en revanche, avoir la confirmation qu’il y a des formes de vie ailleurs que chez nous serait une avancée majeure.

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Je suis pas un spécialiste de la physique quantique, loin s’en faut (ça frise l’abstraction), juste deux trois notions en lisant sur les trous noirs. J’ai retenu quelques trucs c’est déjà pas mal.

J’ai été un peu vite sur IO (c’était pas le bon exemple :sweat_smile:)

Nan mais c’est sûr qu’il y a forcément des trucs ailleurs. On trouve des acides aminés sur des comètes, en fait, si ça se trouve, ça grouille de partout… mais partout c’est déjà trop loin.

Pour les aliens un tant sois peu évolués ben… comme tu dis faut quand même un sacré concours de circonstances pour que deux civilisations survivent plus ou moins en même temps pour se rencontrer.

En fait c’est ça l’enjeu des recherches aussi, c’est pas que briser notre solitude, c’est surtout trouver un moyen de foutre le camps pour perdurer malgré notre environnement périssable.

Qui sait, on aura pas toujours des fusées grotesques. Faut tenir au moins quelques siècles pour avoir les moyen de déguerpir, mais tel que c’est parti ben c’est pas gagné. Les aliens nous trouveront déjà dead.

Marrante la vidéo Jupiter vitesse de la lumière… ça se traîne :sweat_smile:

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