Clap de Fin pour la PlayStation Vita : échec justifié ou machine incomprise ? – Partie 2

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La deuxième partie de mon dossier spécial PlayStation Vita, qui aborde, cette fois-ci, les points positifs de la machine ! 🙂

Retrouvez la première partie Ici : Partie 1

1) Une excellente conception

Si il existe un domaine dans lequel la console fait l’unanimité, en dehors de quelques petits points ergonomiques abordés dans la première partie, c’est bien celui-là. On a toutes et tous eu cette sensation de produit fini et « haut de gamme » quand on a sorti la bête de son écrin pour la première fois. Terminée la sensation tout-plastique grinçant de la PSP ou de la 3DS : La PlayStation Vita, à peine prise en main, donne immédiatement la sensation d’être un produit à la conception bien plus sérieuse. Matériaux plus résistants, aucun jeu dans les boutons, le double-stick qui offre un confort de jeu très appréciable… sans oublier, bien sûr, le magnifique écran OLED qui en met plein les mirettes.

Cette sensation est cependant un peu plus en retrait sur la seconde version « 2000 » de la machine, en raison de sa conception plus cheap et son abandon de l’écran OLED. Je n’ai jamais eu l’occasion de la prendre en main, mais on resterait cependant dans quelque chose de très soigné, même si en deçà du premier modèle.

Autre domaine conceptuel dans lequel la machine excelle : la qualité de ses boutons, et particulièrement de la croix directionnelle. Il s’agit tout simplement, pour ma part, de la meilleure croix que j’ai eu l’occasion d’utiliser sur une console de poche, et même sur une manette tout court. La DualShock 4 utilisée sur PlayStation 4 s’en inspirera d’ailleurs, avec une croix directionnelle qui reprend un feeling similaire. Mais je conserve cependant une petite préférence personnelle pour celle de la petite nomade.

2) Une ludothèque variée, pour qui sait chercher

On peut certes affirmer sans trop se tromper que les principaux éditeurs tiers occidentaux, et même japonais, n’ont pas spécialement soutenu la console. Mais cela ne la rend cependant pas inintéressante, loin de là.

Pour commencer, il s’agit d’un support idéal pour les jeux indépendants, qui se voient ainsi offrir la possibilité de pouvoir y jouer n’importe où. En dehors d’une 3DS hyper-contrôlée, avec seulement 4 jeux indés / an, il s’agissait en gros, avant l’arrivée de la Switch, de la seule possibilité de pouvoir jouer en nomade à ce genre de titre. Avec des portages généralement d’excellente facture, qui ont contribué, à raison, à permettre à la machine de se forger une belle réputation dans le domaine. Hotline Miami 2, Spelunky, Don’t Starve, Hyper Light Drifter, Titan Souls, Broforce, SteamWorld Dig, Bit.Trip Runner, The Binding of Isaac… la liste est quasiment intarissable. La machine reçut également l’honneur de quelques petits jeux exclusifs, parmi lesquels Escape Plan ou encore Murasaki Baby.

Et de manière bien moins confidentielle que pour la PSP, la console aura offert l’occasion de mettre en avant de nombreux éditeurs japonais méconnus, qui ont bénéficié d’une politique éditoriale beaucoup plus souple, et résolument tournée vers l’occident. De nombreux titres auparavant Japan-Only ont ainsi vu le jour chez nous, que ce soit Ys Memories of Celceta, la trilogie des Zero Escape, Ray Gigant, Stranger of Sword City, Criminal Girls, l’excellent Tokyo Xanadu et bien d’autres. Il est impossible de ne pas trouver son bonheur sur Vita quand on apprécie de près la culture nippone.
C’est aussi cette console qui a eu l’honneur d’accueillir la première version de Puyo Puyo vs Tetris dès 2014, qui est reconnu comme un incontournable du puzzle game. Alors qu’il aura fallu attendre 2017 pour la revoir sur Switch, Xbox One et PS4. Sans oublier le portage HD de Persona 4, qui aura fait découvrir à l’occident une licence d’exception, jusque là restée quasiment inconnue. Et dont la sortie aura préparé le terrain pour le succès ultérieur de Persona 5 sur PlayStation 4 et prochainement sur Switch. Et n’oublions pas les jeux Vanillaware qui prennent une toute autre dimension sur la machine, que ce soit Muramasa Rebirth, Odin’s Sphere Leftraiser, ou Dragon’s Crown.

Elle est également une digne héritière de la PSP dans le domaine des jeux musicaux. Hatsune Miku Project Diva 1, 2, X, Future Tone… Persona 4 Dancing All Night, Superbeat Xonic… Encore une fois, il s’agit actuellement de la seule possibilité de pouvoir jouer à ce genre de jeu sur console portable, la Switch restant encore loin derrière. Et à mon avis, pour un moment encore.

Bien que de nombreuses ex-exclusivités de la console aient été portées ultérieurement sur PlayStation 4, cela ne les rend pas moins intéressantes pour autant, surtout avec l’argument de la portabilité. Gravity Rush, Resogun, WipEout 2048, Soul Sacrifice

Et bien évidemment, ce site ne peut pas s’appeler InfiniDreams si je n’évoque pas la version PlayStation Vita de LittleBigPlanet. Bien plus aboutie que la version PSP, elle aura eu le mérite d’être particulièrement bien optimisée, développée avec amour par Tarsier Studios, qui fait toujours un excellent travail à ce niveau là. Très belles musiques, ambiance aux petits oignons, et beaucoup de nouveaux outils qui seront repris ultérieurement dans des DLC de LittleBigPlanet 2, et même LittleBigPlanet 3.
Beaucoup pensent d’ailleurs que la qualité toute relative de ce dernier aurait été très différente si le PDG de Sumo Digital s’était cassé une jambe avant de signer le contrat de commande, laissant ainsi Tarsier hériter du bébé à sa place.

Il y aurait tellement à dire et à ajouter que je vais m’arrêter là, sans même aborder la question de la compatibilité PSP et certains jeux PS One qui est pourtant cruciale. On peut évidemment regretter le manque de certaines licences phares, ou simplement admettre que la ludothèque de la console ne correspond pas à ses goûts personnels. Mais affirmer sans recul qu’il n’y a pas de jeux sur PS Vita tient selon moi de l’ignorance et de la mauvaise foi. 🙂

3) La lecture à distance PS3 et PS4

Quand je vous disais, dans la partie précédente, que la console a malheureusement été mal vendue par Sony, cela inclue également ce volet. Pourquoi avoir si peu mis en avant la lecture à distance, alors qu’il s’agit pourtant d’une feature clé de la machine ? Pouvoir jouer n’importe où, avec une bonne connexion WiFi, à ses jeux PS3 / PS4 préférés, il y avait pourtant de quoi vendre du rêve. D’autant que la fonction était au point. Peu de latence, une image de bonne qualité… et pourtant, cette fonction n’aura jamais su susciter autre chose qu’une indifférence polie de la direction de Sony Interactive Entertainment, déjà obnubilée par la carrière canon de la PlayStation 4.

Il s’agit, aujourd’hui encore, de la meilleure solution pour emporter sa collection de salon n’importe où. Avec un confort de jeu qu’aucun smartphone en lecture à distance ne saura jamais égaler.

On passera vite sur le PlayStation Now, qui aura été vite coupé sur PlayStation Vita, rapidement après son lancement. Il me semble d’ailleurs que c’était déjà fermé quand le service de streaming de Sony est arrivé en Europe. Là encore, il y avait pourtant un joli potentiel. Mais on se consolera fort volontiers avec le streaming local classique, toujours possible actuellement.

4) Une console de plus en plus ouverte aux firmwares alternatifs

Tout comme la PSP en son temps, la PlayStation Vita peut désormais être utilisée pour installer des firmwares alternatifs, développés par des passionnés qui souhaitent donner un second souffle à la machine.

Alors évidemment, il faut bien l’admettre, cette scène underground est loin d’être aussi active que sur PSP. Les émulateurs Android sont passés par là entre-temps, permettant de transformer n’importe quel smartphone en console rétro, pour peu que l’on y adjoigne une manette Bluetooth. Ce qui a considérablement réduit l’intérêt de ce genre d’entreprise sur la petite dernière de Sony. Mais sans entrer dans les détails, l’essentiel est cependant présent. Nouvelles applications, nouveaux usages, portages de jeux PC anciens… il y en a pour tous les goûts et tous les usages.

Si vous êtes une amoureuse ou un amoureux de l’ergonomie imbattable de la machine, réellement pensée pour le jeu nomade, cela reste une bonne alternative à l’hégémonie de l’émulateur Android. Et ça fait toujours quelque chose de voir sa console préférée ouverte à ce genre d’utilisation. À condition de posséder les jeux originaux bien sûr, je vous vois venir. 🙂

Conclusion : Une console de passioné.e.s, hors de tout sentier battu

Pour conclure, on pourra donc souligner que, malgré ses nombreux handicaps plus ou moins objectifs abordés par les principaux médias, la PlayStation Vita reste cependant une fort belle machine, avec une identité assez forte pour qui s’y intéresse. Elle aurait pu évidemment avoir une carrière plus « explosive », davantage mise sur le devant de la scène… mais, au final, je n’ai pas la sensation que l’on ait tant perdu au change que cela.

Sans vouloir la jouer élitiste, je me plais à penser que la PlayStation Vita est une console où, finalement, seuls les « vrais » savent. Celles et ceux qui ne se sont pas laissé berner par les prédictions pessimistes. Ni par l’abandon rapide de Sony, et encore moins par les discours moqueurs. À l’abri, cachée dans l’ombre, la console a discrètement poursuivi son chemin, et de fort belle manière, sans quasiment aucun soutien de la part des plus grands éditeurs. Et cela, personne ne pourra le lui enlever. Je suis très loin d’être le seul à le penser. Il vous suffit d’aller rechercher sur YouTube pour constater le nombre de vidéastes qui continuent d’argumenter pour soutenir cette machine.

Rendez-vous dans quelques semaines pour une nouvelle analyse dans cette rubrique Gazette. 🙂

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#4

Je fais donc parti des “vrais”? :sweat_smile:
J’étais jeune quand j’ai eu cette console, je n’y connaissais rien au marketing. Et c’est vrai que commencer cette expérience par LBP m’a vite donné un avis fortement positif sur cette console. Et le seul moment où je voyais son catalogue de jeu, c’était chez micromania. Et en effet, il n’y avait pas grand chose qui me donnait envie. Malgré tout, juste avec LBP, Tearaway, gravity rush, ffX et l’espace de bienvenue, cela suffisait à occuper mes journées. Je n’ai toujours pas vu un meilleur ratio de qualité et cela se renforce en voyant tout ces jeux dits excellents que j’ai raté.
Je ne peut juger tout ces trucs en ligne, car n’ayant que peu eu une WiFi fixe, je n’y ai jamais accédé.

Bref, excellente à mon goût.
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